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L’impression 3D, ou fabrication additive, est une technologie qui a vu le jour au début de années 1980. Elle désigne un ensemble de procédés destinés à produire des objets en ajoutant des couches de matériaux correspondant aux coupes successives d’un modèle 3D. Cette technologie permet de créer des modèles anatomiques personnalisés, de fabriquer des prothèses, ou encore de produire des implants sur mesure. Cependant, face à cette avancée technologique, la question est de savoir si les manipulateurs en électroradiologie médicale ont leur place dans ce domaine.

Le cas concret de Brest illustre clairement la réussite de l’intégration de l’impression 3D au sein de ce CHU, et ce, à l’initiative d’un manipulateur. Cela confirme donc la légitimité que peuvent avoir d’ores et déjà les manipulateurs à intégrer l’impression 3D dans leur pratique, à condition qu’ils acquièrent les compétences nécessaires en suivant une formation pertinente. Le manipulateur du CHU de Brest fort de ses compétences de base, s’est tout de même former à cette nouvelle technologie afin d’être plus familier avec celle-ci.

Une technologie en pleine expansion
L’impression 3D est une technologie émergente, qu’on retrouve de plus en plus dans le secteur médical est désormais une réalité omniprésente. C’est pourquoi Ayoub a voulu travailler sur cette technologie et essayer de comprendre si les manipulateurs en électroradiologies médicale auraient leur place dans celle-ci. L’impression 3D débute à partir de l’imagerie médicale ; au centre de ce domaine, on y retrouve le manipulateur en électroradiologie médicale, qui est le professionnel médical au cœur de celle-ci. Il joue donc un rôle crucial dans la potentielle intégration de l’impression dans sa pratique ; cependant, ce rôle n’est à l’heure actuelle que très peu mis en œuvre. Cette technologie permet donc de créer des objets complexes couche par couche à partir de modèles numériques. Ici, les modèles numériques utilisés en impression 3D proviennent de l’acquisition d’images Scanner, IRM ou encore Angiographiques utilisées pour l’étude vasculaire intracrânienne ; les manipulateurs en électroradiologies médicale semblent donc les plus à même à intégrer les plateformes d’impression 3D en France. Ayoub a tenté de répondre à la question suivante : en quoi le manipulateur en électroradiologie médicale est-il légitime à intégrer les plateformes d’impression 3D ?

Une étude basée sur des données quantitatives et qualitatives
Afin de répondre à cette question, j’ai conçu une méthodologie mixte combinant un questionnaire destiné aux manipulateurs en électroradiologie médicale, ainsi que des entretiens avec des professionnels du domaine. Le questionnaire était à destination des manipulateurs travaillant au sein des centres hospitaliers universitaires (CHU) utilisant l’impression 3D, permettant de recueillir leurs opinions sur l’intégration de cette technologie dans leur quotidien. De plus, deux entretiens ont été réalisés, l’un avec une ingénieure biomédicale et l’autre avec un médecin radiologue, pour recueillir leur expertise sur la place des manipulateurs dans ce processus. L’objectif était de comprendre si les manipulateurs se considéraient comme légitimes à manipuler des outils d’impression 3D, et d’évaluer les compétences qu’ils estiment nécessaires pour intégrer cette pratique.

Une légitimité encore en construction
Les résultats de l’enquête ont révélé que les manipulateurs en électroradiologie médicale perçoivent globalement l’impression 3D comme une opportunité pour améliorer leur pratique professionnelle. Cependant, l’analyse montre que cette légitimité reste à consolider, du fait qu’il leur manque les compétences spécifiques à cette nouvelle technologie. Les entretiens menés avec des experts du secteur ont également confirmé que, si les manipulateurs en électroradiologie médicale possédaient déjà des connaissances solides en radiologie et en gestion des images médicales, l’acquisition de compétences spécifiques en impression 3D (maîtrise des logiciels, gestion des matériaux, connaissances techniques de l’impression, segmentation, modélisation) étaient indispensable pour garantir une intégration optimale dans ce processus.

Vers une légitimité conditionnée par la formation
Au terme de cette étude, il ressort que les manipulateurs en électroradiologie médicale sont effectivement légitimes à intégrer les processus d’impression 3D, mais sous certaines conditions. La principale de ces conditions est la mise en place de formations adaptées, permettant aux manipulateurs de développer les compétences nécessaires pour maîtriser cette technologie. Ces formations pourraient leur permettre de s’impliquer plus pleinement dans l’élaboration de modèles 3D à partir des images médicales, ainsi que dans la production d’objets personnalisés pour les patients. Ainsi, basé sur la recherche que j’ai menée, il m’apparaît qu’intégrer l’impression 3D au sein du domaine de compétences des manipulateurs en électroradiologies médicale serait quelque chose à envisager dans les années à venir, au vu des possibilités qu’offre cette nouvelle technologie dans le milieu médical.